Négativité d’un collaborateur : 10 approches pour mieux la gérer

Quel que soit votre rôle dans l’entreprise, vous avez rencontré ou rencontrerez forcément des collaborateurs qui feront preuve de négativité, ou d’un pessimisme suffisamment prononcé pour vous contraindre à intervenir.

Si j’avoue ne pas avoir été trop souvent confronté à cette problématique, j’ai pu constater à quel point il était important de bien gérer ce type d’évènement, à la fois pour limiter les conséquences du négativisme sur les autres collaborateurs (voire sur des clients ou partenaires), mais aussi pour aider le collaborateur à prendre conscience de son comportement sans pour autant le braquer.

Je qualifie ici de négativisme lorsqu’un collaborateur se met à systématiquement combattre, consciemment ou inconsciemment, toute suggestion, consigne ou proposition qui lui sont faites, de manière générale ou sur un sujet particulier, au point que cela devienne contre-productif pour lui et pour le ou les projets sur lesquels il travaille.

Je liste ci-après les dix approches – ou étapes – qui me semblent pertinentes pour bien aborder le sujet.

1) Préparez le terrain, faites vos due diligences

Dès que vous sentez poindre un trop plein de négativité de la part d’un collaborateur, ou que quelqu’un d’autre commence à s’en inquiéter ou à s’en plaindre, commencez par vous renseigner sur le contexte de cette attitude.

Si vous n’êtes pas à jour sur l’état des projets et du quotidien du collaborateur concerné, allez pêcher suffisamment d’information et autour de lui pour l’être. Peut-être que des problèmes personnels se mélangent aussi à l’équation.

Il faut bien sûr éviter autant que possible éviter de sortir du champ professionnel, mais il est utile de savoir si le collaborateur traverse une phase difficile à titre personnel qui pourrait influencer son état d’esprit au travail.

Muni de ces informations de contexte, vous serez plus à même d’avoir un échange constructif avec lui si vous décidez qu’il y a matière à une confrontation.

2) Evitez de minimiser les inquiétudes du collaborateur

Si un collaborateur expose ses doutes ou ses craintes, ne cherchez pas immédiatement à les minimiser ou à les réfuter. Cela lui donnerait rapidement l’impression que vous êtes déconnecté de sa réalité ou que vous n’êtes pas en mesure de le comprendre.

Laissez lui le temps d’exprimer clairement ses doutes et ses craintes. Puis amenez-le à être spécifique et à vous démontrer la rationalité de son raisonnement.

Parfois, la simple possibilité de pouvoir décrire ce qui peut paraître un problème insurmontable à quelqu’un qui apporte suffisamment d’attention peut suffire à faire retomber l’étau de négativité que le collaborateur a construit pour lui-même.

3) Mettre en évidence la volonté positive qui se cache derrière la négativité

Sauf cas très exceptionnel, la crise de négativité à laquelle est enclin la personne, sera toujours issue d’une volonté de bien faire quelque chose.

Dans l’échange que vous avez avec elle, trouvez et mettez en évidence l’intention positive qui est à l’origine des inquiétudes perçues. S’agit-il d’une deadline à tenir et qui lui semble irréaliste ? Veut-il trop bien faire dans un projet et s’est-il mis une pression trop importante ?

Derrière l’écran de négativité se cache généralement une volonté de bien faire et mettre cela en avant positionne l’échange sur quelque chose de plus positif.

4) Faites la démarche de tomber un minimum d’accord avec lui

Cette partie de l’approche me tient à coeur, car il s’agit de faire preuve du maximum d’empathie avec la situation dans laquelle se trouve le collaborateur. Faites l’effort de vous mettre dans ses chaussures et essayez d’adopter son état d’esprit.

L’objectif est de pouvoir, avec le maximum de sincérité, vous retrouvez en accord avec lui sur au moins l’un des points négatifs qu’il partage.

Bien sûr il ne s’agit surtout pas d’admettre que tel ou tel problème est insoluble ou telle ou telle situation est inextricable. Mais plutôt qu’une situation est difficile, qu’un élément d’un projet a trop dérivé, que le collaborateur a en effet trop de choses à gérer, etc.

Le collaborateur inquiet se sentira compris et placera sa confiance en vous pour la suite de l’échange. Dans l’autre sens, cette démarche vous aidera aussi à mieux contribuer à la solution si vous devez vraiment vous y impliquer.

5) Ne vous laissez pas vous-même entraîner dans une spirale négative

Avoir de l’empathie pour le collaborateur négatif ne signifie surtout pas vous laisser happer dans cette même spirale.

Vous devez comprendre et vous sentir concerné par le fait qu’un collaborateur a des difficultés, mais votre propre optimisme et votre capacité à prendre du recul sur les problèmes pour les percevoir à leur juste mesure ne doit pas être altérée.

6) Ne résolvez pas le problème pour lui si vous estimez que c’est de sa responsabilité

Tout dépend ici du contexte et de l’origine de la négativité du collaborateur concerné. Dans les cas que j’ai connus, les crises de négativité trouvaient souvent leurs origines dans des complexités opérationnelles et des imprévus. Le chaos organisationnel que connaissent beaucoup de startups ne rend pas toujours la tâche facile pour les équipes.

Quoi qu’il en soit, si le problème est bien dans le périmètre du collaborateur, c’est à lui de faire ce qu’il faut pour le gérer. Apportez lui toute la confiance et le soutien dont il aura besoin pour sortir de cette spirale négative, mais ne prenez pas ses problèmes sur vous.

7) Faites ce qu’il faut pour obtenir une amorce de positivité

Dans le ou les échanges que vous aurez avec lui, guidez la conversation jusqu’à obtenir de sa part des réponses positives à l’une de vos interrogations. Le faire répondre « oui », « en effet », « c’est vrai » à différentes affirmations que vous apporterez en re-décrivant le problème et les ébauches de solutions, aideront à remettre la discussion sur une direction positive.

Faites en sorte de terminer l’échange par une affirmation positive de sa part quant à la prochaine action à mener pour solutionner le problème perçu comme insurmontable.

8) Partager avec le collaborateur les conséquences possibles d’un excès de négativité

Si l’échange que vous avez avec lui est suffisamment apaisé pour le permettre et en faisant preuve d’assez de compassion, vous pouvez partager avec lui qu’être trop négatif ou braqué devant de nouveaux problèmes, challenges ou propositions ne lui donne pas le bon état d’esprit pour avancer.

Il faut l’aider à se rendre compte que cette négativité se ressent autour de lui, et peut contaminer d’autres collègues, ou pire générer de la frustration ou de l’animosité.

Ayant déjà effectué tout ou partie des étapes précédentes, le collaborateur sait à ce stade que vous avez compris l’origine de son comportement, que vous êtes au moins partiellement d’accord avec lui sur les causes.

Il doit pouvoir entendre qu’il est de votre responsabilité, et de la sienne, de prendre du recul sur les problèmes et de concentrer ses efforts sur la recherche de solutions plutôt que de ruminer les conséquences négatives des dits problèmes.

9) Ne pas laisser son pessimisme diminuer l’estime que vous avez du collaborateur

Les perceptions du verre à moitié plein ou à moitié vide peuvent être très différentes selon les personnes. Tant que le phénomène est géré et qu’il y a un échange sain permettant au collaborateur d’être conscient que la négativité peut vite se propager dans une entreprise, il ne faut pas moins le considérer sous prétexte qu’il voit d’abord le verre à moitié vide, même lorsqu’il est rempli aux trois quart.

Des excès ponctuels de négativité n’enlèvent rien aux compétences et aux talents qui font que votre entreprise l’a recruté.

Le mettre à l’écart de certaines actions par la suite ne ferait qu’empirer le phénomène et ne serait ni justifié ni productif pour l’entreprise. C’est le rôle du manager d’aider les collaborateurs à prendre suffisamment de recul avec leur quotidien pour relativiser les problèmes et les ramener à leurs justes proportions.

10) Détecter les pessimistes naturels dès le recrutement

De manière préventive, si vous voulez autant que possible éviter d’avoir trop souvent ce type de situation à gérer, je recommande aussi d’essayer de détecter ce naturel pessimiste dans votre processus de recrutement.

Utilisez les questions du type « avez-vous déjà considéré avoir été traité injustement dans vos expériences passées ? », ou « qu’auriez-vous changé si vous aviez eu le job de votre manager dans votre précédente expérience ? », pour repérer les signaux négatifs.

Restez positifs !

J’espère que cette synthèse pourra vous être utile si vous vous retrouvez dans le cas de quelqu’un qui « plombe » un peu la dynamique que vous essayez certainement de créer et de conserver dans votre équipe, que vous soyez vous même entrepreneur ou manager.

La clef restera toujours à mon sens de savoir écouter, et d’aider son collaborateur à prendre suffisamment de recul et à relativiser ses problèmes.

Et vous, avez-vous déjà rencontré ce type de situation ?

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